Varia

Le vino comme une fin en soi.

T’as peut-être remarqué que j’étais MIA pour un p’tit bout. C’est en partie volontaire et en partie dû aux aléas de la vie.

Quoi qu’il en soit, je suis content de revenir. Si tu me connais un brin, tu sais que je suis pas un lâcheux, et c’est pourquoi tu souris surement en ce moment. Dans tous les cas, j’ai décidé de signer mon retour sur la glace vinicool en me positionnant sur une tendance qui me gosse au plus au point: le vin comme prétexte plutôt que fin en soi.

J’pensais jamais faire ça, mais j’ai le goût de commencer cet article en parlant de f*cking Immanuel Kant.

Mais pourquoi te faire perdre ton temps à te rappeler ton CÉGEP en t’assommant avec de vieux philosophes allemands, me diras-tu? Simplement pour remettre les choses en place. Comme disait le Kant, la seule façon d’agir moralement auprès de l’humanité est de la traiter comme une fin et jamais comme un moyen. Médite un peu là-dessus en sippant ton Occhipinti, ai’ight?

Selon moi, il serait temps que les somms « modernes » et autres instagrammeux de bouteilles commencent à appliquer ce principe au truc auquel ils ont pourtant décidés de dédier leur jeune vie. Or did they?  Parce que plus je fréquente le supposé gratin des pros du vino de 35 ans et moins, plus je trouve qu’on fétichise bien plus l’obscurantisme et l’iconoclasme que le juice de raisin fermenté.

Je m’explique: je regarde les cartes des vins de plusieurs restos chics-et-branchés de notre chère Mourial, et je remarque presque toujours que la somm responsable s’est tappé un moyen ego-trip en assaisonnant sa liste à gros coup de Savagnin-refermenté-dans-un-pis-de-vache-recyclé-et-dont-la-seule-levure-est-la-bave-du-génie-transsexuel-édenté-qui-l’a-vinifié-entre-3-et-3h02-du-matin-le-soir-de-pleine-lune-d’une-année-bisextile. Je dis ego-trip parce que c’est sûr qu’elle se sent bien de (1) connaître le producteur obscur et pouvoir raconter son histoire; (2) pouvoir avoir des stocks de sa production ultra-méga limitée grâce à ses contacts et (3) elle peut passer ses soirées à « éduquer » ses clients pour leur partager la bonne nouvelle et ainsi avoir l’air full connaissante.

Le problème là-dedans c’est qu’elle réalise pas son pouvoir. Le pouvoir de faire plaisir, le pouvoir de partager, et surtout, le pouvoir de faire en sorte que ses clients se sentent bien/mieux dans leur peau lorsqu’ils quitteront le resto – idéalement un peu tipsy. Bref, le pouvoir qu’elle décide de mettre en veilleuse au profit de pouvoir instagrammer la dernière cuvée super select de chez COS dont elle a réussi à trouver 4 bouteilles après avoir gossé sa boss pendant 1 mois avant de commander sans même y penser dix autres caisses de Voga Pinot Grigio pour abreuver les plébéiens.

Les pros du vin ont d’abord la responsabilité de créer du plaisir, et le plaisir peut certes passer par l’éducation, mais certainement pas par l’endoctrinement. Que ton vin soit super rare et/ou que la productrice soit la dudette la plus nice au monde, il reste que si tes clients l’aiment pas, tu leur gâche une partie de leur soirée, et ce peu importe ce que tu en penses. Sorry, mais la vérité est dans le verre.

Crois-tu qu’un agent de voyage (remember those?) ferait mal sa job en envoyant un couple rangé de Mirabel en Corée du Nord  pour leur voyage de noce? Ben c’est pareil. C’est pas que la Corée du Nord ne soit pas un pays qui mérite d’être visité. C’est pas qu’il n’y ait pas toute une culture et des gens vraiment nices à rencontrer là-bas. CNon, c’est juste que le voyage doit remplir sa première vocation avant toute chose: créer du plaisir chez ceux qui le font. M’semble que c’est pas compliqué.

Je vais terminer en anticipant le mouvement #notallsomms qui va surement surgir dans mes MPs après avoir pesé sur publish. Non, c’est pas parce que tu trippes vins natures que tu es une mauvaise personne. Oui, je sais que toi ta carte est super nice et vraiment faite pour tes clients.  Non je suis pas juste entrain de snobber les snobs. En gros, je voudrais juste qu’on recadre la patente en se rappelant que le vin doit d’abord est un vecteur de partage de plaisir, et pas juste un prétexte pour établir ta coolitude et te payer un ego trip sur le ‘gram (dont je commence à avoir mon maudit voyage btw).

Aller, à la prochaine chicane autour d’un verre de bon vin, peu importe ce qu’il est ou d’ou il vient, m’kay? Ciao là!

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