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Mon opinion sur les vins québécois

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En tant que conférencier, c’est clairement l’une des questions que je me fait poser le plus souvent – et avec raison: « Joe, Qu’est-ce que tu penses des vins québécois? Ça vaut la peine ou non? »

Après des hausses importantes des ventes, une explosion du nombre de vignes plantées et le nouvel engagement de la SAQ de mettre des produits d’ici sur nos tablettes, il se passe de très belles choses ces temps-ci dans le domaine du vin québécois. J’ai donc décidé de prendre quelques minutes de mon lendemain de St-Jean pour vous en jaser un brin.

1. Québec: Terre de blancs

Un bon vin est plus souvent qu’autrement le produit de son climat – et dieu sait que le climat de notre belle province est horrible particulier. Cependant, quand on le regarde sous un oeil de producteur de vin, on se rend vite compte que le Québec a plusieurs des caractéristiques climatiques d’endroits qui font des vins blancs absolument extraordinaires.

En effet, si vous visiter l’Alsace en France, vous allez remarquer que leur climat est pas tant différent du nôtre, et que leurs vins blancs sont absolument delish.

Un vignoble d’Alsace en hiver – Crédit photo: André

Ok, il fait plus froid au Québec que dans le Nord de la France. Fine. Vous serez cependant peut-être surpris d’apprendre que le froid en tant que tel n’a que peu d’impact sur la vigne en autant qu’il frappe après  les vendanges, et en autant qu’il n’y ait pas trop de gels imprévus pendant que les vignes sont actives. Il faudra évidemment s’assurer que le froid ne tue pas la vigne pendant qu’elle dort, ce qui cause un autre type de problème que je détaillerai plus bas.

Malgré cela, plusieurs oenologues (ie. scientifiques du vin) ont conclus que le climat du Québec était super propice à la production de vins blanc de qualité, et mes papilles commencent à me suggérer la même chose plus j’en goûte. Je crois donc que ça sera le créneau à développer pour les producteurs, et à suivre de prêt pour les amateurs curieux.

2. Les cépages possibles

Une grape de Cayuga blanc, un cépage trouvé au Québec – crédit photo: Matt Bernius

C’est la que ça se complique un peu – les cépages qui sont en mesure de survivre à nos hivers sont généralement des cépages indigènes au sol nord-américain, et ne goûtent donc pas ce qu’on est habitué de goûter en Europe. Tsé, tu peux comprendre que le dude  qui arrive à la SAQ et qui a lu mon article sur les 5 cépages à connaître absolument soit un peu déçu de ne pas pouvoir acheter de Chardonnay ou de Cabernet québécois, mais doive plutôt opter pour un p’tit verre de Cayuga ou de Maréchal Foch (un nom particulièrement difficile à porter).

Ce n’est pas uniquement une question de nom, d’ailleurs. Les cépages Nord-Américain ne goûtent pas la même chose, la plupart ayant un certain goût « animal » qu’on ne retrouve pas souvent dans les variétés européennes. Personnellement, je ne trouve pas toujours ça désagréable du tout (et surtout lorsqu’on laisse un peu plus de sucre résiduel pour compenser), alors ça reste une question de goût (comme tout le reste!)

Si le Maréchal Foch pouvait parler.

Tu comprendras cependant que ça demeure un gros problème pour l’industrie québécoise, puisque beaucoup d’acheteurs tiennent à acheter ce qu’ils connaissent. C’est d’ailleurs encore pire lorsque tu réalises que le vin québécois est aussi cher que des vins européens de très bonne qualité. La compétition est donc forte et le niveau doit être très  haut pour espérer un résultat commercial intéressant.

2. Le seul point positif des changements climatiques

Je trouve ça très bizarre de dire ça, mais les changements climatiques pourront peut-être changer la donne en faveur de l’industrie vinicole québécoise. En effet, comme on l’a vu en Alsace, les périodes de maturation des vins québécois s’est pas mal allongée dans les dernières années, le gel n’arrivant souvent que fin novembre, voir début décembre.  C’est une bonne nouvelle, puisque plus la période de maturation est longue (idéalement avec des journées ensoleillées et des nuits froides), plus le vin a tendance à être intéressant.

Aussi, l’État de New York et le New Jersey commencent maintenant à produire des vins blancs supers cools à partir de cépages européens comme le Chardonnay, le Riesling et le Cabernet Franc. Je comprends que notre climat est un peu plus rude, mais on est déjà pas mal plus proche que de la Toscane! *Soupir*

Les avancées de la science pourront aussi peut-être nous permettre de planter des vignes européennes classiques en sol québécois dans un futur assez proche, ce qui pourrait complètement transformer notre industrie.

La région des Finger Lakes, NY. Ça ressemble pas mal au Québec, hein? – Crédit photo: Maggie Hoffman

Bref, comme tu le comprendras, mon opinion par rapport aux vins québécois en est un d’espoir mesuré. Je sais que le savoir-faire québécois et le sens entrepreneurial aigu de certains de nos producteurs nous aidera à faire le meilleur de notre situation – j’espère simplement que les conditions avec lesquelles nous devront travailler seront suffisamment clémentes pour nous permettre de faire quelque chose de vraiment  intéressant.

Et toi, as-tu essayé un ou des vins québécois dernièrement? T’en a pensez quoi? Jasons produits d’ici dans les commentaires, et au plaisir de faire de belles découvertes! Cheers!

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7 Comments

  1. ZB

    Honnêtement, super heureux que des Québécois s’essaient au Québec, mais on a un climat souvent pluvieux et frais en été, et des saisons imprévisibles. Tsé, même en Alsace ils ont la moitié des précipitations qu’on a ici. Ça pourrait faire un article intéressant d’ailleurs, l’impact de l’eau sur la viticulture.

    Je ne suis pas »Mange-Québécois », mais apart certains vins de glace, les vins du Québec, j’y crois pas.

    Sorry not Sorry.

    Reply
  2. Mario

    Le climat du Québec et de l’Alsace n’ont rien à voir. Le sol gèle en profondeur au Québec, jamais en Alsace. Tu as 1200-1300 degrés-jours au Québec et plus de 1600 en Alsace ce qui permet de faire du vinifera. Il y a aussi beaucoup moins de pluie en Alsace compte tenu des montagnes Tu dis qu’il y a beaucoup de cayuga au Québec. Nomme des producteurs qui en ont, il y en a très peu: Artisans du Terroir, Vignoble des Pins et Négondos. Tu en connais d’autres? Difficile d’évaluer le potentiel du Québec. On y trouve du vinifera de qualité Niagara et d’autre de style expérimental plus réaliste versus notre climat. Une telle disparité demeure difficile à comprendre. Pour les hybrides, le potentiel réel est là mais si les producteurs se disciplinent en cultivant leurs vignes dans le triangle Mirabel, Trois-Rivières et Dunham car c’est la région la plus chaude du Québec (voir Agrometeo.org). Ils doivent aussi bien comprendre la différence entre rusticité et maturité. On peut avoir des raisins en quantité mais jamais assez mûrs pour faire du bon vin… C’est pourquoi je ne crois pas au vinifera car on sauve les bourgeons du froid hivernal avec des toiles polluantes mais la vigne fleurit trop tard genre fin juin plutôt que fin mai ou avant comme en France ou Niagara. Ce retard majeur s’explique par le sol gelé et le printemps frais et souvent pluvieux. Ceci prive la vigne de l’intensité lumineuse du solstice. Le mois de septembre et d’octobre ne remplacent jamais cette période de l’année car les journées sont courtes et le soleil beaucoup moins intense. Il faut aussi que cesse la ségrégation entre le vinifera et l’hybride. Ce sont des vignes et c’est ce qu’elles donnent comme résultat qui importe…

    Reply
    1. Joeraisin Author

      Salut Mario,

      Merci beaucoup pour ton commentaire! T’as raison pour le Cayuga – après vérification, j’ai vu qu’il y en avait moins que je pensais et j’ai édité l’article. Merci pour la correction!

      Ta réflexion sur le vinifera est intéressante, surtout en ce qui a trait à cesser la ségrégation… Je suis cependant un peu plus plus optimiste que toi côté gel des sols, surtout avec le réchauffement de la planète! Pour l’Alsace, c’est évident qu’il y a des différences majeures – je voulais simplement casser le mythe voulant qu’on ne puisse pas faire de vin au Québec à cause de nos températures.

      Ton point de vue est cependant très intéressant à lire et porte à réflexion. J’espère avoir l’occasion d’en rejaser avec toi bientôt! 🙂

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